avenir de la droite nationale

Réflexions sur le présent et l'avenir de la Droite Nationale (1)

 

Cet article est tiré d'une tribune libre du n°5 de la revue nationaliste L'Héritage.


Il est urgent pour la droite nationaliste et contre-révolutionnaire de procéder à son autocritique, d’analyser en profondeur les raisons de ses échecs depuis plus de deux cents ans. Puis de proposer - et bien sûr mettre en oeuvre - les solutions qui permettront le triomphe de ses idées, et donc la résurrection de la France que nous aimons, que nous voulons. Vaste débat que cette “tribune libre” a le mérite de poser et d’ouvrir en termes clairs.

L’Héritage

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Nombreux furent les patriotes très déçus, voire dégoûtés, du score atteint au 1er tour de l'élection présidentielle par Jean-Marie Le Pen, candidat d'une "Union patriotique" aussi éphémère que superficielle.

Les nationalistes traditionnels n'attendaient naturellement pas de miracle de ces élections. Et le dernier scrutin confirme – s'il en était besoin – l'emprise extraordinaire du pouvoir médiatique sur les cerveaux, comme la grande nocivité du Système démocratique qui éloigne naturellement du pouvoir politique ceux qui en sont les moins indignes.

POURQUOI CES RESULTATS

Certes, l'Union patriotique aurait pu faire un meilleur score si sa campagne avait été davantage en phase avec les attentes d'une importante partie de la population, et auxquelles correspondent les solutions nationalistes classiques – que trop de naïfs ont cru déceler chez Sárközy.

L'inflexion ultra-républicaine du discours frontiste n'aura pas porté les fruits escomptés par ses promoteurs, au contraire.
Au-delà de la nuisance intrinsèque des concepts maçonnico-républicains, incompatibles en soi avec la défense de l’ordre naturel et du véritable bien commun national, on pourra aussi en discuter l'opportunité stratégique. La plupart des Français, ceux qui ne sont pas politisés, se moquent bien de la République. Pour eux, ce mot - que les représentants nationaux avaient sans cesse à la bouche - évoque même plutôt les ennuis : amendes démesurées, impôts excessifs et autres paperasses étouffantes sont après tout marquées de son sceau, et pas de celui de la France.
Nous ne nous rappellerons ici que sommairement les causes du très mauvais score du courant patriote, car elles ont déjà été abondamment analysées :

• Excellente propagande de l'imposteur Sárközy. Celui-ci n'a pas été suffisamment attaqué et pas assez tôt, et a pu ainsi réussir son hold-up électoral. Entre une droite libérale qui prend des accents patriotes, voire nationalistes, pour répondre ainsi (uniquement dans le discours, bien sûr) à une attente de plus en plus grande des Français, et une droite nationale qui se veut plus républicaine que tout le monde, les cartes ont été brouillées ; certains électeurs ont en effet naïvement eu le sentiment que le comédien hongrois était le plus ferme sur les questions d’immigration et d’insécurité...

• Mauvais axe de campagne (tant doctrinalement que tactiquement) du mouvement national. On peut supposer que la course aux votes issus de l'immigration, au prix d'une regrettable évolution du discours, n'aura non seulement pas séduit les allogènes[1], mais aura par contre déboussolé un certain nombre de patriotes.
D’ailleurs, certains semblaient étonnés de l’opération de drague menée à l’encontre des immigrés naturalisés. En effet, pourquoi vouloir séduire ceux que l’on voudrait rapatrier ? C’est justement que la nouvelle doctrine frontisto-marinienne en la matière ne consiste plus actuellement qu’à rapatrier les clandestins et les délinquants, et ne pas renouveler les visas. Quant aux “naturalisés”, ils feront des “Français à part entière”[2] et tous les efforts devront être déployés pour les intégrer à l’exécrable moule républicain, d’où la lutte contre le communautarisme musulman (mis sur un même pied que le communautarisme catholique ou régional[3])!

• Ajoutons à cela le classique travail effectué par les media sur les cerveaux, et quelques erreurs tactiques (comme le sabotage de l’Union patriotique), qu’il ne nous appartient pas de critiquer.


LES LIMITES DE L’ELECTORALISME

La débâcle du 1er tour est aussi l'occasion d'engager un débat plus serein, loin de la transe électorale et du fanatisme partisan, sur le tout-électoral ultra-prédominant dans notre famille de pensée. On voit aujourd'hui qu'il s'agit d'une impasse, exigeant de plus une quantité d'énergie colossale et de lourdes concessions doctrinales, pour un résultat extrêmement instable et volatile. Imaginez : que resterait-il après 30 ans de combat purement électoral si le FN finissait un jour avec les scores du PC ? Rien. Une organisation comme la Ligue Communiste Révolutionnaire - et l’extrême-gauche en général - est ainsi plus implantée dans le tissu social, estudiantin ou professionnel (en particulier dans les media), et exerce une influence idéologique considérable sur la jeunesse, malgré des scores électoraux et des moyens financiers plus faibles.

Si l’on considère que la République Française et ses valeurs maçonniques, cosmopolites et laïcardes sont à combattre radicalement, car causes de notre décadence ; que nous ne devons pas intégrer mais rapatrier des millions d'immigrés qui constituent une menace pour l’identité française (la vraie, pas la républicaine...) et que la grande majorité d'entre eux ne sont d’ailleurs pas Français malgré leur carte d'identité ; que le tout-électoral est une lourde erreur ; que le système « démocratique » doit être considéré comme nuisible[4] ; etc… Dans ce cas, il faut soutenir de tout son coeur les porte-voix du nationalisme authentique tels qu’une revue comme L’Héritage ou un mouvement comme le Renouveau Français (RF), afin de leur permettre de défendre plus efficacement nos idées parmi la population française en général et au sein de la droite nationale en particulier. Celle-ci étant malheureusement parfois infectée de sophismes qu’un travail doctrinal profond doit dissiper.

QUE FAIRE ?

« Mais que proposez-vous ? » nous rétorquera-t-on naturellement.

Ne nous attardant pas ici sur le travail doctrinal qui lui est nécessaire en interne (et qui sera abordé dans une prochaine tribune), voici quelques exemples de pistes alternatives et complémentaires que la droite nationaliste doit explorer et exploiter au mieux dès à présent :

• La création d'un tissu associatif et social dense.

• L'enracinement et l'implantation locale.

• L'action culturelle et métapolitique (particulièrement en direction des jeunes) sous des formes diverses, et la création de media alternatifs. Ceci afin de contourner l’embargo médiatique établi autour des idées nationalistes et de contester à la Gauche la mainmise qu’elle a sur ce qu’on peut appeler la Culture, au sens large.
Internet est une aubaine en la matière et peut devenir un contre-pouvoir efficace s’il est manié avec professionnalisme et inventivité.

• La formation de cadres et en général de la jeunesse à la doctrine nationaliste, à l'analyse réaliste et aux techniques militantes. Le RF est aujourd'hui la seule structure à s'atteler sérieusement aux deux premiers pans de cette tâche essentielle et préalable à tout redressement.

• Le développement d'un communautarisme patriote, voire même d'un « communautarisme gaulois ». Notamment pour permettre la perpétuation de notre peuple, ainsi qu’un climat moral décent (spécialement pour la jeunesse et son épanouissement) et une réelle solidarité. Enfin pour financer en priorité les nôtres, au détriment de nos ennemis. Chantier immense mais probablement nécessaire au salut de la France.

Nous reviendrons ultérieurement et de manière plus précise sur ces différentes pistes, qui doivent permettre entre autres une meilleure diffusion - plus vaste, profonde et durable - de nos idées, de nos valeurs parmi la population française.
Mais nous vous invitons dès maintenant à rejoindre ou au moins soutenir une organisation comme le RF, à diffuser L’Héritage, afin d’initier les plus urgentes de ces démarches, mais aussi de défendre - à la manière d’un aiguillon - une doctrine de vérité qu'on n'entend guère plus que par bribes, et encore, entremêlées de sophismes.

Ne tardez plus !

La France doit sortir du tombeau.

Thomas Floquet

[1] : la portion islamique de l’électorat immigré est celle qui est la plus à même de fournir quelques voix au FN, pour des raisons de morale (hostilité au délire homosexuel, à l’avortement, la pornographie...). Justement des points sur lesquels le Front avait pour le moins lâché du lest, comme l’atteste par exemple l’affiche exhibant une supposée Beurette “piercée” et ventre à l’air. [retour au texte]
[2] : dixit JMLP lors de son discours aux allogènes sur la dalle d’Argenteuil, que préfigurait celui de Valmy, déjà catastrophique. [retour au texte]
[3] : Louis Alliot, Secrétaire Général du Front National, lors de l’émission “Mots croisés”, lundi 26 mars sur France 2. [retour au texte]
[4] : précisons que nous ne critiquons pas ici le recours aux élections en soi, pour faire avancer nos idées (avant des personnes) vers le pouvoir - c'est un autre sujet, digne d'un débat vaste et sérieux -, mais plutôt le recours aux seules élections, et pire encore, l’engouement pour le système démocratique. [retour au texte]

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