DROITE ET UNION EUROPEENNE


La nette victoire du NON au referendum sur le projet de Constitution Européenne s'explique selon la presse officielle par l'importante mobilisation de l'électorat anti-libéral d'extrême-gauche.

Pourtant, une analyse plus fine sur l'ensemble du territoire national montre que les résultats du scrutin sont essentiellement dus au vote de la "France profonde", celle des campagnes et des terroirs, traditionnellement considérée comme conservatrice. Il s'est donc bien manifesté un NON d'une frange de la droite authentique, que les "élites" franciliennes (celles des quartiers huppés de PARIS ou de banlieue Ouest) ne représentent plus guère!

Il importe d'expliquer en quoi ce rejet de la Constitution Européenne, et plus généralement de la construction européenne sous sa forme actuelle, s'explique aussi par des griefs liés à d'authentiques valeurs de droite.

Il convient de constater que les valeurs traditionnelles normalement incarnées par la Droite ne se retrouvent en rien dans le projet avorté de Constitution Européenne, pas plus que les institutions de l'Union Européenne.
En effet, le refus de toute référence chrétienne dans la Constitution Européenne, certes exigé par la Turquie comme préalable à son adhésion, est une preuve parmi d'autres de l'orientation résolument laïciste de ses tenants, qui s'apparente plutôt à une certaine forme de jacobinisme.

Et l'affaire BUTIGLIONE met également en exergue une tendance libertaire de type "néo soixante-huitarde" (il n'est pas étonnant de voir Messieurs COHN-BENDIT et DELANOE parmi les principaux partisans du OUI) qui cherche à s'imposer dans l'Union Européenne de manière tout à fait totalitaire. Les dirigeants français ne sont d'ailleurs pas en reste, tendant à profiter de la construction européenne pour imposer leur laïcisme aux nations catholiques telles que la Pologne ou l'Irlande, notamment concernant la législation relative à l'avortement.

Les valeurs liées à l'attachement aux racines et à la défense de la nation sont, elles aussi, totalement bafouées par la forme actuelle de la construction européenne, visant jusque les pouvoirs régaliens eux-mêmes, qu'il reviendrait plutôt à la Droite de défendre.

Par exemple, les accords de SCHENGEN, qui se sont traduits par la suppression des contrôles aux frontières, ont conduit à un abandon total des prérogatives des Etats dans le domaine fondamental de la lutte contre l'immigration (comme si les littoraux espagnols ou italiens, de même que les plaines d'Europe centrale constituaient des frontières sûres), mettant en danger notre cohésion nationale. La constitution européenne allait d'ailleurs jusqu'à déposséder les Etats de leur politiques de sécurité et de défense, de par la " communautarisation " des piliers P.E.S.C ("Politique Européenne de Sécurité et Défense") et J.A.I. ("Justice Affaires Intérieures").

Il semble en réalité que l'argumentation de la fausse droite en faveur de la construction européenne repose sur la diminution des phénomènes de bureaucratisation et d'assistanat caractéristiques de la France, qu'elle est censée amener...

Pourtant, force est de constater que l'Union Européenne n'a pas du tout, loin s'en faut, amené une diminution de l'assistanat et de la bureaucratisation alors que, en revanche, des pans entiers des forces vives du pays (industries, agriculture) semblent avoir disparu. Et le phénomène se serait probablement étendu aux services si l'article 144-III du projet de Constitution européenne, fondement de la directive BOLKENSTEIN (= possibilité pour le prestataire de services d'origine estonienne d'adopter le droit estonien plutôt que le droit français tout en travaillant sur le sol français) était aujourd'hui en vigueur. Comment s'explique-t'il?

Tout d'abord, l'Union européenne - qui pourtant interdit les investissements stratégiques dans les industries d'avenir - ne diminue en rien le phénomène d'assistanat. Pour des raisons diverses, celui-ci a d'ailleurs continué à se développer sur notre territoire, à travers la prise en compte du chômage de masse et de l'immigration massive, deux phénomènes largement amplifiés par l'Union Européenne.

Par ailleurs, l'UE se traduit en elle-même par une structure bureaucratique, de par l'importance de sa structure administrative naturellement, les 15000 fonctionnaires de la Commission de Bruxelles suffisent pour en témoigner, comme par l'étendue de ses champs d'intervention, souvent au mépris élémentaire du principe de subsidiarité. La violation de ce dernier se caractérise par l'inflation normative (les tailles réglementées des concombres ou des nains de jardins en constituent des exemples caricaturaux) et s'appuie sur les arrêts de la Cour de Justice des Communautés Européennes qui, faisant systématiquement prévaloir le droit communautaire sur les droits nationaux, rendent vaine toute réaffirmation de ce principe.

L'Union Européenne développe par ailleurs deux politiques de type socialisant, aux frais des contribuables, que sont la P.A.C. et les fonds structurels. La P.A.C. a effectivement permis - au prix d'un productivisme effréné à l'origine de bien des problèmes d'ordre écologique ou sanitaire, et du développement d'une concurrence déloyale importante - un certain développement de l'agriculture. Cependant, les réformes récentes, notamment le " découplage " entre production et primes, ont instauré un certain type d'assistanat, d'autant plus net que la P.A.C. avait justement rendu les agriculteurs davantage dépendants des primes versées. Quant au système des fonds structurels, qui se traduisent par un système de redistribution artificiel, mais coûteux, des recettes du budget communautaire au profit des régions défavorisées, il pourrait bien mener l'Europe à la faillite si la politique d'élargissement vers l'Est et le Moyen-Orient[1] se poursuit. Et, comme le budget communautaire s'alimente à partir des budgets nationaux, on voit mal comment dans ces conditions mener des politiques d'allègement de la fiscalité et des charges des entreprises.

A coté de ces rigidités bureaucratiques, l'Union européenne développe effectivement une politique de libre-échangisme effréné qui sert sans doute de justification à ses partisans libéraux. Il n'est naturellement pas question de contester la nécessité d'une certaine concurrence bien dosée, gage de la liberté d'entreprendre. Mais celle-ci ne saurait s'appliquer à bon escient que dans une zone répondant aux mêmes caractéristiques de droit et de coût de travail, ce qui n'est pas le cas concernant les différents pays européens, d'où le phénomène de délocalisations. Cela est d'autant plus grave que ce phénomène correspond à une logique mondiale (comme l'indique l'article 314-III du projet de Constitution européenne sur la restriction aux échanges internationaux). La mondialisation du processus amplifie la tendance à la spécialisation économique de certaines régions qui en découle et renforce d'autant le risque de "chocs asymétriques".

On assiste ainsi à la faillite de régions et de secteurs entiers de l'activité socio-économique, paralysés par le cumul du libre-échangisme et de la bureaucratisation.

Il est frappant de constater, à travers la construction européenne que le libre-échangisme à l'échelle internationale, semble constituer dès lors le seul combat de la droite institutionnelle (UMP, UDF), ayant abandonné toutes les valeurs de la droite traditionnelle et authentique.

Jean du Terroir
Article tiré de L'Héritage n°3

[1] : il convient de rappeler que le projet de Constitution européenne ne prévoyait plus de limite géographique à ce dernier, rendant d'ailleurs possible l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne.

Récemment, le premier ministre François Fillon a laissé échappé, volontairement ou non, une déclaration sur la faillite financière de l'Etat. Ce constat d'échec pour lui, son gouvernement, la famille politique à laquelle il appartient, aux affaires depuis 1993, et plus généralement pour l'ensemble de la classe politique française est réel et sans appel.
Mais se borner à une simple lecture des chiffres n'est pas suffisante. Les libéraux de tout poil ont fait mine de s'invectiver sur la réalité de cet état en se renvoyant chiffres invérifiables, responsabilités successives, et conjonctures internationales. Le langage technocratique et mensonger a une nouvelle fois omis les véritables causes de cette situation financière ne permettant pas aux Français d'y voir clair et ainsi de mettre sur le devant les véritables responsables. Que cela concerne les finances ou d'autres problèmes graves, les origines sont liées à l'idéologie mondialiste dont le président actuel et ses affidés sont des dignes valets.

Les valeurs libérales du nouvel ordre mondial, destructrices de nos identités, sont évidemment une nouvelle fois les seuls coupables. Il est dès lors inutile et vain, et même dangereux, de croire à une seule des théories officielles exposées pour tenter de justifier la situation de faillite. C'est par là même rentrer dans le jeu du libéralisme avec le risque de se faire dévorer par l'ennemi sans s'en rendre compte. En cela, s'accommoder de la critique du trop grand nombre de fonctionnaires, du temps de travail ou que sais-je encore n'est pas le fonds du problème, tout cela est uniquement conjoncturel. Tout est une question de volonté politique et si les intentions qui précédaient à l'établissement de ces mesures étaient d'inspiration nationale, elles pourraient être en soi tout à fait louables et tendres vers un véritable bien commun.

La situation financière de la France n'est certes pas saine ( selon les critères qui pourraient trouver à s'appliquer à une entreprise, le sort des institutions devant toutefois être différencié ), le nier serait un non sens. Deux raisons principales sont les sources de ces difficultés, dont la classe politique est responsable, et tiennent d'une part dans la perte de la souveraineté de la France, et d'autre part dans l'invasion migratoire tous les jours plus importante et massive.

L'Europe tient les Etats membres dans sa main, elle-même instrument et jouet des sorciers mondialistes. La politique financière et monétaire de la France ne se décide plus depuis bien longtemps à Bercy mais à Francfort et Bruxelles. Les marges de manœuvre sont quasi inexistantes pour les politiques français tenus de respecter les directives de Bruxelles, ou de les faire accepter à petite dose sous couvert de subvention ou allègements divers si bien que la France paie doublement la facture : d'une part en cotisant au budget de l'UE, et d'autre part n'osant avouer toutes ses capitulations et leurs conséquences l'Etat français consent nombre d'avantages à diverses catégories le temps de leur faire accepter telle ou telle mesure. Quelle schizophrénie ! Le respect de la libre concurrence, véritable arme de mondialisation massive, ne permet plus aucun interventionnisme étatique, aucune politique industrielle de grande ampleur, ou chose encore plus importante pour les élites : aucun protectionnisme. Le « patriotisme économique » du funeste Villepin n'était qu'une tartufferie, tout comme l'esbroufe de Sarkozy sur le prétendu « sauvetage » d'Alsthom, où le gouvernement du payer de lourdes sanctions à l'UE pour être intervenue et avoir ainsi faussé la concurrence. La liste des exemples serait sans fin.

L'Europe au service du mondialisme contribue à cette faillite financière en usant également de son bras armé qu'est l'immigration-invasion. Le poids financier de l'immigration en France n'est bien évidemment jamais évoqué ni mesuré, l'idéologie officielle étant si doctement établie qu'il n'est plus permis de pouvoir procéder à un tel décompte. Toutefois, certaines voix s'élèvent pour reconnaître « que les abyssaux déficits sociaux et éducatifs qui plombent littéralement notre économie et que nous allons léguer avec une totale irresponsabilité à nos enfants sont la conséquence de l'immigration » 1 . Toutes les administrations subissent le poids de l'immigration, et la facture s'alourdit encore et toujours, sans compter évidemment le coût de certains DOM TOM, à l'image de Mayotte, zone d'accouchement française sur l'océan Indien.

Alors nous pouvons donner raison au cuistre Fillon sur la faillite financière de l'Etat français, mais si les vraies raisons de cet échec ne sont pas dénoncées et si rien n'est fait pour y remédier, cela est vain et constitue alors une palinodie politique de plus.

Si la faillite n'était que financière peut-être pourrions-nous encore nous en accommoder. Mais que dire de l'état moral, spirituel, culturel de notre pays ? Là est la véritable et plus grave faillite car ayant des conséquences non plus seulement matérielles mais conduisant à façonner un peuple déraciné, dévirilisé, déstructuré et métissé.

L'inversion des valeurs, la culpabilité permanente, la disparition de la place de la religion catholique, l'égalitarisme et aujourd'hui la préférence étrangère sont autrement plus graves car plus difficiles et plus longs à corriger. Le Système a compris que pour réussir il lui fallait partir sur de nouvelles bases, faire table rase du passé. Il s'y emploie par la substitution de population de manière apparente par l'immigration et de manière insidieuse et perverse par une action en profondeur sur les esprits. C'est cet état de déliquescence voire de dégénérescence dont les politiques sont les artisans et les coupables depuis des décennies, qui constitue la vraie et seule faillite, faillite de leur politique diabolique et mondialiste.

Ce constat amer sur notre pays, demeure la source de notre engagement et de notre combat. Face à cet effondrement, le Renouveau Français joue un rôle important, appuyant son action sur la saine et juste doctrine du nationalisme contre-révolutionnaire, permettant seule de lutter efficacement contre le déclin et la décadence.

Le temps presse, l'ennemi se fait toujours plus grand et plus fort. Demain, l'ordre nouveau ne constituera plus dès lors en quelques impôts de plus que le peuple devra acquitter, mais portera sur des efforts, des corrections et des changements bien plus lourds et plus engageants pour la France et son peuple. Qui vive ? France !

JB Loiseau
membre du Comité Directeur

1) Bernard Lugan, Pour en finir avec la colonisation, p. 374

 
 

 

 

 

Site d'information alternatif

Nouvelles du RF en Ile-de-France

Revue nationaliste L'Héritage

Union des Jeunes Françaises

Patriote Productions, musique & objets

Radio Résistance, webradio

Sommaire du numéro

Campagne pour sauver le dimanche

Lettre d'information