LES ALAINS EN GAULE


Grégoire de Tours est l'un des grands saints dont s'honorait l'Eglise de France, et constitue une figure incontournable de notre histoire nationale.
Il devra exercer son saint ministère dans une époque agitée où se confrontent les rois germaniques ayant envahi depuis peu la Gaule romaine, et où il devra se mêler de politique.

 

Il naquit en 544 d'une noble et réputée maison d'Auvergne, comptant plusieurs saints, notamment parmi ses parents proches.
Tout jeune, Grégoire pratiqua admirablement les vertus et plusieurs petits miracles jalonnèrent son enfance, tant et si bien que la prédilection divine dont le garçon faisait l'objet, ainsi que sa vocation sacerdotale ne firent plus de doute pour son entourage.

Après cette jeunesse pieuse, passée dans le sillage de saint Gall, évêque d'Auvergne, et des études fort poussées dans les sciences divines et humaines, Grégoire reçut les ordres, et se dévoua au service des âmes. Le zèle de Dieu, qui brûlait la sienne, lui fit entreprendre beaucoup de bonnes œuvres ; la renommée de ses talents et de ses vertus ne tarda donc pas à se répandre au loin ; et tous félicitaient l'Auvergne de posséder un ecclésiastique aussi dévoué et aussi savant.

Cependant, une fièvre lente consumant le saint prêtre, il se résoud à faire un pèlerinage à Saint Martin, en la ville de Tours, pour lequel il avait une très grande vénération. Guéri par son intercession, il est dans la foulée élu évêque de Tours à l'unanimité ; ce qui lui cause surprise et frayeur, du fait de son jeune âge, de sa santé très chancelante et de sa modestie. Il accepte néanmoins le fardeau.

Il suivra toujours le sillage du grand Saint Martin, dont il occupe le siège épiscopal et veut imiter les vertus. Souvent, on le voit prier devant la pierre couvrant les précieux restes de son prédécesseur, auprès de qui il venait chercher force et lumières.

On attribue plusieurs miracles à saint Grégoire. Il les opérait aussi au nom de saint Martin. Il guérit ainsi un homme atteint d'une surdité complète.

Après avoir mis un terme à certains abus apparus parmi le clergé local, il releva un grand nombre d'églises ruinées par le temps ou les guerres, et bâtit autant de monastères. Son travail et sa piété commencent à porter des fruits de sanctification parmi la population.

Dans un siècle de décadence, les vertus et la science de l'évêque de Tours brillèrent bientôt d'un vif éclat.
Si bien que les grands de ce temps recherchèrent bientôt son amitié et ses conseils.
Ce fut le début de sa vie politique.

Grégoire se retrouve pris dans la dure rivalité opposant la lignée royale d'Austrasie (Sigebert, assassiné par son ennemi, puis son fils Childebert injustement dépossédé du trône) et celle de Neustrie, contenant Paris (Chilpéric, puis son fils Mérovée) : son diocèse de Tours passe de la domination de la première à celle de la seconde.
Cette dernière l'emportera, et Grégoire aura avec elle de nombreux démêlés, du fait de sa fidélité amicale envers ses anciens souverains, et donc de son soutien à Brunehaut[1] dans la terrible querelle qui l'oppose à la cruelle Frédégonde (épouse de Chilpéric) et qui secoue la France.

Querelle trop complexe et rocambolesque pour que nous l'exposions ici, mais qui vaudra à Grégoire maintes tribulations (complots, calomnies, procès…).
Tout ceci s'apaisera avec le temps et Chilpéric finira par éprouver des sentiments amicaux envers le prélat, en plus de ceux d'estime qu'il avait déjà.

L'évêque gagnera en crédit et aura souvent un rôle majeur tant dans les conciles que dans les assemblées royales. Il aura même le rôle de médiateur entre les rois francs, tant son avis plein de sagesse est sollicité, et aidera la France déchirée à connaître quelque apaisement.


Chilpéric face à Grégoire de Tours et l’évêque d’Albi.

Il usera toujours de son grand crédit et des faveurs divines que lui valent ses vertus pour procurer aux peuples de Gaule, et en particulier à l'Eglise de Tours, le bien spirituel et même temporel. Mais son influence sera toujours mise d'abord au service de la gloire de Dieu.

N'oubliant pas le bien de son diocèse, qu'il aimait immensément et qu'il défendra farouchement contre les menaces spirituelles ou physiques, il sera cependant le proche des rois, et aussi des reines. Il nouera une grande amitié remplie d'admiration réciproque pour Radegonde[2], épouse du roi Clothaire, qu'il dirigera si bien dans les voies de la perfection qu'elle sera élevée au rang des saints et deviendra une des protectrices de notre nation.

Saint Grégoire savait fort bien allier la douceur avec le zèle. Sa charité n'avait point de bornes, elle s'étendait à ses amis comme à ses ennemis. Des voleurs s'introduisirent la nuit dans l'église Saint Martin et furent arrêtés après avoir commis leur crime sacrilège. Grégoire, malgré la douleur que lui avait causé cette profanation, intercéda pour eux auprès du roi, qui leur fit grâce de la vie.

Comme évêque et docteur, saint Grégoire était gardien de la foi et dépositaire naturel de l'orthodoxie de la doctrine ; il défendit la divinité de Jésus-Christ, attaquée à cette époque par les Juifs contre lesquels il ferrailla longtemps, mais aussi par les Ariens et quelques autres hérétiques, qui voulaient profiter de l'état de trouble dans lequel se trouvait la France pour propager leurs erreurs. En pèlerinage à Rome, l'évêque sera reçu avec force honneurs par le pape.

Mais en plus d'être un pieux lévite, un ministre du roi, un diplomate et un bâtisseur, Grégoire fut aussi un écrivain prolixe ! Et ce dernier trait n'est pas pour rien dans sa grande notoriété, aujourd'hui malheureusement déclinante, signe des temps. Le style peu académique de son écriture, alors qu'il maîtrisait parfaitement le latin classique, est imputable à son humilité et déprécia injustement la valeur de ses textes aux yeux des érudits.

L'essentiel de son oeuvre consistera naturellement en livres religieux, mais aussi, ce qui intéresse particulièrement les nationalistes que nous sommes, en une chronique minutieuse et sérieuse des événements de son époque.

Il est inutile et superflu de faire remarquer l'importance historique inestimable de son "Histoire des Francs" ("Historia Francorum", aussi appelée "Gesta Francorum" ou encore "Chronicae"), cet ouvrage si remarquable est le seul monument authentique où l'on puisse trouver la narration des actions des premiers chefs des Francs.


Parchemin original de la “Geste des Francs se trouvant à la Bibliothèque Nationale.

L' "Histoire des Francs" contient dix tômes, et sera poursuivie les siècles suivants par des mains parfois anonymes (on connaît les noms de Frédégaire et du pseudo-Frédégaire). Le premier livre est un abrégé très succinct des événements accomplis depuis le commencement du monde, résumé qui sert d'introduction, puis on y raconte l'établissement du Christianisme dans les Gaules. Le second livre contient l'histoire de Clovis, "nouveau Constantin", dit saint Grégoire. Le dernier livre s'arrête au moment où Frédégonde vient se livrer à Gontran en 591.

Epuisé par toutes ses activités, Grégoire sera victime de sa santé chancelante et détériorée par ses longs voyages, ses veilles et ses jeûnes. La maladie triomphera de lui, âgé de cinquante-et-un an, et c'est le 17 novembre 595 que Saint Grégoire de Tours ira toucher auprès de Dieu, qu'il avait servi si ardemment, la récompense de ses nombreux mérites et vertus.

Article tiré de la revue L'Héritage, n°4

1 : veuve de Sigebert et mère du malheureux Childebert. [retour au texte]
2 : A tel point que la mort de son ouaille tirera des larmes au sage.
[retour au texte]

.

 


 
 

 

 

 

Site d'information alternatif

Nouvelles du RF en Ile-de-France

Revue nationaliste L'Héritage

Union des Jeunes Françaises

Patriote Productions, musique & objets

Radio Résistance, webradio

Sommaire du numéro

Campagne pour sauver le dimanche

Lettre d'information