I - LA PREUVE PAR LE PAGANISME : LA FORCE DU CHRISTIANISME


.

 

 

- Je suis curieux de t'entendre. Comment le paganisme pourrait-il prouver la vérité du catholicisme ??!?
- Par le contraste frappant qu'il offre avec lui. Le grand défaut du paganisme, c'est de ne pas croire à la vérité religieuse. Jamais un païen n'est mort pour affirmer la vérité de ses croyances. Beaucoup ont pu donner héroïquement leur vie pour la Cité ou toutes sortes de causes justes et bonnes ; aucun n'est jamais mort en témoin de la vérité des interventions de Dionysos, Jupiter, Thor, etc. On ne trouve pas de guerres de religion dans l'antiquité païenne. Au contraire, chaque cité admettait sans difficulté les dieux de la cité voisine dès lors que celle-ci était vaincue.



- Tu ne vas tout de meme pas me faire des guerres de religion une preuve de la vérité du catholicisme ! Si Dieu est bon, comment une religion vraie pourrait-elle être source de guerres ?
- "Le soldat est grand non parce qu'il tue mais parce qu'il accepte de donner sa vie" disait Péguy. Il en va de même ici. Ce n'est pas en tuant qu'on montre la grandeur de sa religion, mais en acceptant de mourir pour elle. Si les païens n'étaient pas prêts à mourir pour leurs dieux, c'est tout simplement parce qu'ils n'y croyaient pas comme un chrétien croit en Dieu. Leurs croyances étaient l’expression de leur sentimentalité religieuse mais aucunement une adhésion ferme à une vérité clairement définie, telle que la propose le catholicisme. Pour ces païens, la religion était un ensemble de pratiques superstitieuses auxquelles ils croyaient plus ou moins, l’expression mythique de leur pressentiment de certaines vérités religieuses, et, en meme temps, l’expression publique de leur patriotisme. Elle n'était aucunement un absolu. Un romain du 1er siècle après Jésus-Christ ne pouvait croire à l'existence d'une vérité religieuse unique. Et encore moins envisager de mourir pour elle. Et voila qu'arrivent tout à coup ces chrétiens qui sont prêt a tout souffrir pour une ridicule histoire de dieux ! Pour les romains de l'époque, c'est absurde !

 

- D'accord ! Mais en quoi tout cela prouve-t-il la vérité du catholicisme ???
- Cela prouve d'abord la fausseté du paganisme. Une religion qui ne se soucie pas de vérité ne peut pas être vraie. Et un dieu qui n'est pas absolu ne peut pas être vraiment Dieu (c'est à dire la cause de tout ce qui existe). Cela, même les philosophes païens (Platon, Aristote, Cicéron) l'admettaient. Mais curieusement, ils furent incapables d'en tirer les conséquences qui s'imposaient quant a leurs religions.

 

- J'admets très volontiers cette fausseté du paganisme. On en a d'ailleurs la preuve sous les yeux : ceux qui, aujourd'hui, veulent ressusciter les dieux païens le font par une sorte de romantisme et adoptent le paganisme comme on adopte une civilisation, non comme on adhère à une vérité. Mais encore une fois, ça ne prouve pas la vérité du catholicisme...
- J'y arrive. Mais il était d'abord nécessaire de souligner la nouveauté ainsi apportée par le christianisme au milieu des nations païennes : la religion conçue avant tout sous l'angle de la vérité. Cela permet au passage de comprendre pourquoi l'Eglise est intolérante. Loin de la disqualifier, cela est une marque de vérité. C'est le propre de la vérité que de ne pas tolérer l'erreur. De meme que c'est le propre d'un bon professeur de ne pas tolérer que ses élèves croient indifféremment que 2 et 2 font 5, 4 ou 639. Le simple fait qu'une religion ne se prétende pas exclusive suffit a montrer qu'elle est fausse. Car la vérité est nécessairement unique.

 

- Si tu revenais au sujet ?...
- J'y suis en plein. Comment a ton avis le christianisme a-t-il vaincu le paganisme ?

 

- Grâce a l'empereur Constantin
- Sûr ! Mais lorsque Constantin est devenu chrétien, l'empire romain était déjà lui même en bonne partie converti au christianisme. Et le christianisme a vaincu premièrement parce qu'il s'affirmait comme la vérité religieuse mais aussi et surtout parce qu'il le prouvait en acte. C'est la force des martyrs qui a vaincu le paganisme.

 

- Je te voyais venir de loin ! Mais ce n'est pas un argument ! Des tas de gens ont donne leur vie pour des causes très mauvaises (certains communistes, par exemple, ou certains islamistes). Cela ne prouve rien du tout !
- Si, cela peut prouver quelque chose. Cela prouve d'abord que l'on croit vraiment a la cause pour laquelle on donne sa vie.

 

- Mais on peut y croire a tort !
- Bien sûr. Mais laisse-moi continuer un instant, veux-tu. Le phénomène du martyre chrétien est tout à fait particulier et ne peut être comparé que de très loin aux autres morts pour une cause (que cette cause soit bonne ou mauvaise). D'abord le martyr meurt pour affirmer une vérité. Il meurt en témoin de cette vérité (en grec, martyr signifie témoin).

 

- Quelle différence avec les autres cas ?
- Tout simplement ce rapport entre la mort qu'on accepte de subir et la vérité que l'on affirme. Rapport qui n'existe pas, par exemple, quand une mère met en danger sa propre vie pour sauver celle de son enfant, ou quand un soldat meurt pour sa patrie.

 

- Je saisis. Mais même dans le cas où l'on meurt directement pour affirmer la vérité d'une idée, cela ne prouve pas qu'elle soit objectivement vraie !
- Attends la suite. Et remarque pour l'instant que beaucoup de gens à qui les medias attribuent indûment le titre de martyr, ne le méritent aucunement, car ils ne meurent pas réellement en témoin d'une vérité. Pense d'autre part aux commandos-suicides des islamistes. Ces gens-la sont-ils mus, à ton avis, par le seul amour de ce qu'ils pensent être la vérité ?

 

- Et pourquoi pas ?
- Tout simplement parce que l'amour de la vérité n'exige aucunement cette mort. Un martyr chrétien est posé devant l'alternative : tu abandonnes tes croyances ou tu meurs. S'il accepte la mort, c'est donc directement pour porter témoignage à la vérité de sa foi. Rien de tel dans le cas des pseudo martyrs musulmans. Il ne s'agit pas directement de la vérité. Ce qu'ils veulent, c'est tuer. C'est la haine de l'ennemi qui motive leur action. Rien à voir avec un martyr chrétien.

 

- J'ai l'impression que nous tournons en rond. Je veux bien admettre toutes les distinctions que tu voudras entre le martyr chrétien et le soldat romain ou le terroriste musulman, mais cela ne prouvera jamais la vérité du christianisme !
- Si. Parce que le courage que manifestent des soldats, par exemple, est un courage humain (héroïque, si tu veux, mais d'un héroïsme humain). Tandis que les martyrs chrétiens ont manifesté un héroïsme proprement surhumain et donc naturellement inexplicable. Il faut nécessairement poser, pour en donner une explication proportionnée, un secours surnaturel. Un secours divin. Qui prouve donc la vérité de la religion chrétienne.

 

- Autant d'affirmations qu'il faudrait prouver ! D'abord, en quoi l'héroïsme des martyrs chrétiens surpasse-t-il, par exemple, celui de soldats ?
- Pour au moins une dizaine de raisons. D'abord parce que le soldat appartient a un corps social précis dont le but est précisément de combattre. Tandis qu'on trouve des martyrs dans toutes les classes sociales, tous les âges, chez les femmes aussi bien que chez les hommes. C'est de plus un phénomène constant dans le christianisme : tu ne peux trouver aucun siècle après la naissance du Christ, qui n'ait eu ses martyrs. Quand la persécution cesse dans une région, elle commence dans une autre (après les persécutions dans l'empire romain, par exemple, ce sont les persécutions dans l'empire perse. Qui font, elles aussi, des centaines de milliers de martyrs. Puis les persécutions musulmanes, etc. Le Xème siècle n'a pas fait exception a la règle, et le XXIème, à peine commencé, a déjà les siens). Et c'est un phénomène propre au christianisme. Aucune autre religion n'a ça. On dirait que Dieu veut que son Eglise présente toujours en quelque partie du monde ce visage sanglant en témoignage et en continuation de la Passion du Christ.

 

- Tu t'éloignes encore du sujet ... Tu devais monter les différences entre l'héroïsme du soldat et celui du martyr ?

- Exactement. Mais je viens précisément d'en montrer une : toutes les cités ont eu leurs soldats, tandis que toutes les religions n'ont pas eu (loin de là !) leurs martyrs. Celles-la même qui peuvent présenter quelque chose qui y ressemble un peu ne peuvent le faire qu'a titre d'exception (et d'imitation du christianisme !) tandis que dans le christianisme, il s'agit d'une constante. En plus, les martyrs chrétiens meurent toujours en pardonnant a leurs bourreaux et en leur manifestant la plus grande charité. Jamais ils n'insultent leurs juges. C'est donc en même temps un magnifique exemple de force et un magnifique exemple de mansuétude qu'ils donnent. Et en cela, ils sont extraordinaires. Pascal disait qu'il n'admirait une vertu chez quelqu'un que s'il voyait en même temps la vertu opposée. Car une chose est grande non pas quand elle atteint telle ou telle extrêmité, mais seulement quand elle atteint aussi en meme temps l'extrêmité opposée et remplit tout l'entre-deux. C'est le cas des martyrs chrétiens qui manifestent ensemble les vertus qui semblent opposées. Ce qui n'est pas obligatoirement ni généralement le cas des soldats. De plus, les martyrs chrétiens meurent généralement dans le calme, sans manifester aucune passion violente, aucun fanatisme. Ils sont souvent joyeux jusque dans la mort (certains plaisantent, même, comme saint Laurent sur son bûcher : "Tu peux retourner, maintenant, c'est assez grillé de ce coté") mais d'une joie toute paisible, sans transports démesurés, sans fanatisme, en un mot. Et cela aussi est extraordinaire : l'être humain est ainsi constitué qu'il peut faire beaucoup, ou souffrir beaucoup, lorsqu'il est sous le coup d'une passion violente (passion qui se déclenche naturellement dans un combat militaire). Cette passion (colère ou peur ou enthousiasme délirant, etc.) donne des forces. Ici, rien de tel. Les forces ne semblent pas venir de cette façon naturelle mais plutôt d'un principe surnaturel agissant selon un mode surhumain. Cela, d'ailleurs impressionnait fortement les assistants.

 

- Je commence a comprendre ce que tu veux dire...
- J'enfonce le clou, alors : cette façon de mourir n'impressionnait pas seulement les Romains des premiers siècles. Elle a produit les mêmes résultats partout. Au XVIIe siècle, les missionnaires en Chine, cachés a cause des persécutions, voyaient des Chinois faire tous leurs efforts pour les trouver et venir leur dire : "Baptisez-moi. J'ai assiste l'autre jour a l'exécution de chrétiens et cela m'a retourné". Seule la vraie religion peut donner la force de mourir ainsi. Les martyrs catholiques en Angleterre, au XVIe siècle (martyrisés par les protestants) produisaient la même impression. Et l'on pourrait multiplier les exemples.

 

- Inutile, j'ai saisi. Mais cela est-il vraiment propre au christianisme ?
- De cette façon universelle et constante, oui. Bien sûr, on peut trouver le fanatisme partout, et le fanatisme, comme toute passion humaine, donne la force de supporter la mort. Mais précisément l'extraordinaire est qu'on ne trouve pas du tout les marques du fanatisme chez les martyrs chrétiens : aucune exaltation démesurée, aucun orgueil (au contraire, ils manifestent toujours la plus parfaite humilité devant leurs juges ; sans cependant jamais perdre leur dignité ; et c'est précisément cet équilibre parfait qui est remarquable), aucune ostentation, aucune démesure. Encore une fois, cela n'est pas naturel. Et quand cela se manifeste de façon régulier et constante, pendant 20 siècles, dans tous les pays et toutes les civilisations que touche le christianisme, c'est un véritable miracle, c'est a dire un effet extraordinaire qui requiert et manifeste une intervention spéciale de Dieu. As-tu quelque chose à objecter ?

 

- J'ai besoin de réfléchir...
- A ton aise. Je me permets cependant, pour nourrir ta réflexion, d'ajouter encore deux remarques, ainsi qu'un conseil de lecture. Première remarque : les Romains des deux premiers siècles de notre ère n'étaient pas plus bêtes que nous. Voyant apparaître une nouvelle religion qui prétendait être la Vérité (et non seulement un culte parmi d'autres comme l'étaient toutes les religions et tous les mystères païens a l'époque), ils avaient quelque motif de demander à la nouvelle venue des preuves de ses prétentions. Si, de surcroît, la religion en question, particulièrement exigeante au point de vue moral, n'offrait absolument aucun avantage temporel mais seulement le risque d'être privé de ses biens ou condamné à mort, on peut penser que lesdits Romains étaient exigeants en matière de preuve avant d'y accorder crédit. Si donc ils se sont convertis au christianisme, c'est que ces preuves leur ont été fournies. Non ?

 

- Mais ne peut-on en dire autant de toutes les religions ?
- Précisément non. Le christianisme est la seule religion qui se soit développé dans de telles conditions. Et comme elle se présentait en même temps comme la vérité religieuse, cela prouve à l'évidence qu'elle pouvait fournir, à ceux qui la rejoignaient, des preuves de cette vérité. Deuxième remarque : il y a un cas particulier parmi tous les martyrs chrétiens, ce sont les martyrs de la première génération. Ils fournissent, à eux seuls, une preuve encore plus décisive de la vérité du christianisme.

 

- Comment cela ?
- Tout simplement parce qu'ils donnaient leur vie, eux, en témoins d'un fait physique sur lequel il est impossible qu'ils se soient trompés. Les apôtres et plusieurs centaines de disciples ont vu le Christ ressuscité. Ils l'ont vu de leurs yeux ; c'est un fait physique. Ils l'ont vu à plusieurs reprises. Ils lui ont parlé et l'ont entendu de leurs oreilles. Ils l'ont meme touché. Et ils sont morts pour affirmer la réalité de ce fait physique. Est-il admissible que tous, sans aucun intérêt humain, aient menti sur ce point ? Et que finalement tous, à plusieurs années de distance, dans plusieurs pays distincts, aient donné leur vie pour ce mensonge ? Et qu'aucun n'ait vendu la mèche ? C'est tout simplement absurde !

 

- Il y a pourtant des gens qui le disent ...
- Oui, parce qu'il n'est pas d'absurdité au monde qui n'ait trouvé un sophiste pour la soutenir. Et aussi parce qu'il est beaucoup d'hommes qui, pour des raisons morales, ont intérêt à ce que Jésus-Christ ne soit pas Dieu. Mais c'est quand même absurde. Combien d'absurdités doivent croire les incrédules pour justifier leur incrédulité !
Mais pour terminer, un conseil de lecture : un livre qui traite précisément de cette question des diverses religions, et des rapports entre christianisme et paganisme (des diverses sortes de paganisme, aussi) ; un livre écrit en plus par un grand écrivain et rempli d'un bout à l'autre d'un délicieux humour anglais : Everlasting man de CHESTERTON. (Une excellente traduction française a été publiée par les éditions Dominique Martin Morin, à Bouere, sous le titre : L'Homme éternel).
Et si tu veux, nous parlerons une prochaine fois de la preuve par l'islam et de la preuve par le judaïsme.

Retour au sommaire

 


 
 

 

 

 

Site d'information alternatif

Nouvelles du RF en Ile-de-France

Revue nationaliste L'Héritage

Union des Jeunes Françaises

Patriote Productions, musique & objets

Radio Résistance, webradio

Sommaire du numéro

Campagne pour sauver le dimanche

Lettre d'information