- REPONSE. Plutôt que de force, zèle, exclusivisme, il faudrait parler, pour l'islam, de brutalité, fanatisme et tyrannie. Tu sais que la vertu est un juste milieu entre deux vices opposes (un sommet entre deux précipices : il est difficile de se maintenir sur la ligne de crête, tandis qu'il est facile de tomber d'un cote ou de l'autre). Le paganisme pêchait par relativisme et laxisme religieux : tout était permis, tous les cultes s'entre-toléraient et se mêlaient les uns aux autres (seuls les chrétiens étaient persécutes, mais précisément parce qu'ils refusaient de faire du Christ une idole parmi les autres au milieu du panthéon romain ; pas de tolérance pour les ennemis de la tolérance, refrain connu). Mais l'islam tombe évidemment dans l'extrême oppose : il s'impose par la force et brandit le cimeterre en criant:
"Crois ou meurs". L'Eglise, elle, n'a jamais converti par la force.
- Et les croisades, alors, et l'Inquisition, et...
- Ca va, je connais la litanie. C'est d'ailleurs généralement le dernier recours des adversaires de l'Eglise lorsqu'ils ne parviennent pas a réfuter l'argumentation qu'on leur sert. Ils vous lancent l'Inquisition a la figure, alors qu'on était en train de parler de l'existence de Dieu ou du Linceul de Turin, et ils s'imaginent que la seule évocation de ce tribunal ecclésiastique réduit a néant tout ce qu'on vient de leur dire...
- Mais en l'occurrence, l'argument se rapporte bel et bien au sujet !
- Précisément non : il est parfaitement hors sujet. Car ni les croisades ni l'inquisition n'ont été des moyens de christianisation. L'inquisition fut employée pour défendre la foi de populations déjà baptisées et christianisées. Elle n'a jamais été un moyen de conquête ou d'apostolat, mais seulement de défense. Les croisades, elles, avaient pour but de libérer la terre ou le Christ a vécu, terre qui avait été chrétienne et dont les musulmans s'étaient emparés par les armes et y firent finalement persécuter les pèlerins chrétiens. Dans aucun des deux cas il ne s'agissait de conversion par la force.
- Ne peut-on trouver, dans l'histoire de l'Eglise, des cas de conversions forcées ?
- Sans doute quelques uns. Mais ce sont des exceptions et des abus dus a des hommes particuliers. Cela n'a jamais été la règle de l'Eglise, ni sa doctrine. Tous ses docteurs ont toujours enseigné que l'acte de foi devait être libre. En revanche, la guerre sainte (Djihad) est un moyen ordinaire de diffusion de l'Islam. La conversion forcée s'y justifie parfaitement et elle est très fréquemment employée.
Des centaines de milliers de chrétiens ont ainsi été razziés et réduits en esclavage par les musulmans. On les emmenait en Afrique du Nord. Ou bien on les enrôlait de force dans les armées musulmanes. Et l'on promettait la libération contre l'apostasie. L'Eglise n'a jamais agi ainsi.
- Très bien. Mais la brutalité de l'Islam ne prouve pas la vérité du catholicisme.
- En soi non. Mais tout se passe comme si l'Islam était en meme temps voulu par le démon comme une contrefaçon du christianisme destinée à le concurrencer et en meme temps permis par Dieu pour donner, comme par contraste, une confirmation de la vérité du catholicisme. (Car le démon, c'est évident, ne peut réussir a égaler les oeuvres de Dieu. Et ses échecs sont comme un hommage involontaire a la Toute-Puissance divine).
- Je crains qu'en parlant ainsi du démon, tu ne présupposes un des éléments a prouver (car comment savoir, sinon par la foi, que le diable existe ?). Mais ça ne fait rien, je t'écoute (critique, comme toujours, bien sur).
- D'abord, l'Islam se prétend religion révélée par Dieu pour toute l'humanité. Il est évident qu'il copie en ce point christianisme qui fut la première religion (et sans l'islam, demeurerait la seule)a s'attribuer cette mission divine et cette vocation universelle.
- Et qu'est-ce que ça prouve ?
- Il s'agit de savoir si l'Islam a les moyens de ses ambitions. Imagine qu'un homme totalement inconnu t'aborde tout à coup dans la rue et prétende te parler de la part de ton père. "Votre père vous appelle de toute urgence, venez vite, montez dans ma voiture, je vous emmène". Comment réagis-tu ?
- Je demande quelque garantie, bien sur.
- Cela va de soi. On ne suit pas comme ça le premier venu (surtout s'il a l'air louche). Or c'est la meme chose en religion. Que Dieu puisse s'adresser à nous par des hommes choisis par lui, n'a rien d'extraordinaire. Mais il est normal que nous ayons des garanties. Toute la question est donc : l'Islam donne-t-il aux hommes des garanties suffisantes de l'origine divine qu'il prétend avoir ?
- Je devine déjà ta réponse...
- Mais elle sera fortement argumentée, tu verras. Et surtout, elle te permettra, par contraste, d'apprécier la force des garanties que le christianisme, lui, apporte. Pour commencer, comparons Mahomet et Jésus.
Et, d'abord, nos sources d'information sur chacun d'eux. Sur le Christ, nous avons le Linceul de Turin, qui est à soi seul une preuve époustouflante de la vie, de la Passion et meme de la Résurrection du Christ. Je ne m'étends pas, il serait trop long d'en parler ici. Nous avons aussi des documents écrits : quatre évangiles, dont deux ont été écrits par des apôtres (Matthieu et Jean) et deux par des confidents des apôtres (Marc, compagnon et quasi secrétaire de Saint Pierre ; Luc, compagnon de saint Paul). Divers signes prouvent que ces évangiles (ou tout au moins,
les trois premiers) ont été écrits avant l'an 70, soit trente ans seulement après la mort du Christ. Luc expose, au début de son évangile, comment il s'est livre a une enquête rigoureuse pour reconstituer exactement les faits. Enfin, les témoins sont morts pour affirmer l'authenticité de leur témoignage. Nous avons donc une garantie maximale de vérité.
- Les Evangiles n'ont-ils pu être déformés par la suite ?
- La chose devient impossible des lors qu'ils sont diffusés (certains exemplaires au moins échapperaient aux modifications). Or les Evangiles ont été immédiatement diffusés. On trouve entre les différents textes conservés un certain nombre de divergences mineures dues aux erreurs de copistes (lettre manquante, ou mal lue, etc.). Mais cela n'affecte aucunement la substance du texte.
- Mais sur Mahomet aussi, nous avons des sources ?
- La question est de savoir si elles sont fiables. D'abord, nous n'avons aucun témoignage direct sur Mahomet. Absolument aucun texte rédigé par quelqu'un qui l'ait connu personnellement.
- Le Coran ne raconte pas sa vie ?
- Eh non ! Mais de toute manière, quel crédit mérite le Coran ? D'après les récits musulmans eux-mêmes, il a été reconstitue de façon totalement arbitraire sur ordre du sultan Uthman, pour éliminer certains textes servant de prétexte a l'opposition politique. Les différentes sourates ont été classées par ordre de taille décroissant (imagine un instant qu'on reclasse ainsi les chapitres de la Bible - ou de n'importe quel ouvrage !) et l'on a soigneusement détruit tous les exemplaires précédents, qui auraient permis de critiquer la nouvelle version officielle.
- C'est effectivement gênant. Mais...
- Un instant. Je précise qu'il s'agit ici du récit des origines du Coran donne par les musulmans eux-mêmes.
Beaucoup d'historiens pensent aujourd'hui que l'histoire du texte fut en réalité beaucoup plus tourmentée encore et affirment, preuves a l'appui, que sa composition définitive fut très tardive;
- Mais cela ne signifie pas que tout ce que le Coran dit de Mahomet soit faux ?
- Le problème, c'est que le texte du Coran lui meme ne nous dit absolument rien de certain sur la vie de Mahomet. Il faut attendre plus d'un siècle après la mort du prétendu prophète pour avoir les premiers éléments de sa vie. Et ceux-ci sont sujet a caution car ce ne sont souvent que des interprétations de passages obscurs du Coran. Tout se passe comme si pour expliquer telle ou telle sentence, on avait imagine une situation ou elle aurait pu être prononcée. Et au fur et a mesure que les vies de Mahomet se succèdent dans le temps, on voit les faits s'amplifier. Bref, nous n’avons aucune certitude sur les détails de la vie ni même sur l'existence de celui qui aurait été le principal prophète de tous les temps. Comment accorder foi a une telle révélation, sur laquelle nous n'avons aucun témoignage fiable ? C'est déjà absurde !
- Cependant, si nous n'avons pas de garantie sur cette vie de Mahomet, nous n'avons pas non plus de preuve décisive que tout y soit absolument faux ?
- Effectivement. On peut donc, par hypothèse de raisonnement, et pour confondre par leurs propres dires ceux qui y accordent créance, l'admettre provisoirement. Mais on tombe dans des absurdités encore plus grandes. Je reprends la comparaison avec le Christ. Celui-ci prouve sa mission divine de multiples manières : par ses propres miracles (et le plus grand d'entre eux : sa propre résurrection) ; par l'accomplissement des prophéties de l'Ancien Testament ; par l'étonnant éclat de perfection qui rayonne de toute sa Personne (il suffit de lire les Evangiles pour s'en apercevoir ; et d'ailleurs, beaucoup de musulmans eux-mêmes, des lors qu'ils se soucient de perfection, vont davantage chercher leur modèle chez le Christ que chez Mahomet) ; par la diffusion inexplicable du christianisme malgré les persécutions ; par la sainteté que le catholicisme engendre de façon constante et universelle ; etc. Quoi de semblable dans l'Islam ? Rien. Cette religion prétend s'imposer sans fournir absolument aucune preuve. Elle méprise totalement la raison humaine.
- Le christianisme aussi demande la soumission de la raison a la foi!
- Bien sur. Mais il donne d'abord des preuves a cette raison, afin qu'elle sache de façon sûre que le message qu'il lui propose vient de Dieu, et qu'il est donc raisonnable d'y croire. L'islam, lui, prétend s'en emparer par la force et ensuite s'emploie à l'étouffer...
- Les musulmans ne proposent vraiment aucune preuve de leur croyance ?
- Aucune preuve raisonnable. Certains invoquent la beauté du Coran, qui serait absolument insurpassable.
- On m'a dit que, de fait, la déclamation du Coran produit des sonorités assez agréables ?
- Oui. Surtout pour une oreille arabe. Mais les vers de Racine sont aussi fort mélodieux et personne n'en a jamais fait un livre sacré. Et il faut surtout dire que, dans le Coran, cette beauté reste d'ordre purement sensible. Quiconque essaie de comprendre le texte est bien oblige de constater qu'il est horriblement mal construit : répétitions incessantes ; platitudes ; omissions, au milieu d'un récit, d'un élément indispensable a sa compréhension ; etc. La comparaison avec la Bible, qui est la source indirecte de beaucoup de récits, manifeste la supériorité évidente de la Bible. De surcroît, le Coran contient des erreurs historiques flagrantes. Il confond la mère du Christ avec la soeur d'Aaron (qui s'appelait aussi
Marie), déforme de façon grotesque la vie d'Alexandre le Grand, mélange l'histoire de Saul avec celle de Gédéon, s'imagine qu'Esther a vécu a la cour d'un pharaon égyptien du temps de Moise (alors qu'elle vécut en Perse, plusieurs siècles plus tard), etc.
- Et vraiment, les musulmans n'ont pas d'arguments plus forts que la beauté du Coran ? N'invoquent-ils pas des prophéties en faveur de Mahomet ?
- Certains ont effectivement prétendu que l'Evangile annonçait primitivement la venue de Mahomet et que ces prophéties avaient être supprimées par les Chrétiens (certains musulmans , au XVIe siècle, ont meme été jusqu'a fabriquer de faux évangiles en ce sens). Mais une telle suppression n'aurait pu avoir lieu qu'avant la diffusion universelle des évangiles soit au moment même de leur rédaction ! C'est donc absolument absurde. Tu remarqueras d'ailleurs au passage que, contrairement à ce que prétendent les musulmans, le rapport entre l'Islam et le christianisme n'est pas du tout le meme qu'entre le christianisme et le judaïsme.
Car l'Evangile ne supprime pas les livres l'Ancien Testament. Ceux-ci, gardant leur valeur, peuvent lui servir de fondement. Tandis que le Coran veut annuler tout ce qui l'a précédé (la Bible aurait été faussée par les Juifs et les Chrétiens), tout en prétendant invoquer son autorité à son profit ! C'est le cercle vicieux habituel de l'apologétique musulmane : on propose comme preuve de la mission de Mahomet (et donc de la véracité du Coran) de prétendues prophéties dont on ne peut trouver la moindre trace en dehors du Coran!
- Et vraiment, pas d'autres preuves ?
- Encore une, si tu veux, assez populaire chez les musulmans : l'Islam, étant la plus récente des religions monothéistes, est nécessairement la meilleure. Moise, disent-ils, est venu apporter une nouvelle religion et les Juifs ont bien fait de l'écouter. Le Christ est ensuite venu, et les chrétiens ont bien fait de le suivre. Donc maintenant que Mahomet est venu, c'est a lui qu'il faut se rallier...
- L'argument offre une certaine logique ...
- Saint Jean Damascène y avait déjà, de son temps, répondu de façon magistrale : les Juifs ont eu raison de suivre Moise parce qu'il leur a donne des signes.
Les Chrétiens ont eu raison de s'attacher au Christ, parce qu'il a fait des miracles prouvant sa mission divine. Mais Mahomet, lui, n'a fait aucun signe. Et il apostrophait les musulmans en leur demandant : "Comment ! Votre prophète lui-même défend de faire sans témoin quoi que ce soit, fut-ce de vendre ou d'acheter un âne, et votre Coran, vous le recevez sans témoin aucun ?"
- Mahomet n'a vraiment fait aucun miracle ?
- Là encore, on nage dans la contradiction. Les récits les plus récents foisonnent de miracles plus extravagants les uns que les autres. Mahomet aurait, par exemple, fait descendre la lune du ciel pour la faire passer par les manches de son manteau (récit destine à expliquer un passage obscur du Coran qui parle de la lune). Mais ce sont évidemment des inventions puisque les premiers textes disent explicitement que Mahomet refusa de faire des miracles, sous le beau prétexte que les autres prophètes, ses prédécesseurs, en avaient déjà fait suffisamment et que beaucoup d'hommes refusent de croire meme devant des miracles...
- Mais qui me prouve que les miracles attribués au Christ n'ont pas, eux aussi, été inventés après coup ?
- Essaie, si tu veux, de lire les évangiles en supprimant tous les miracles ; le récit devient tout de suite incompréhensible, tellement ils font partie intégrante de la vie du Christ. Sans eux, tout devient absurde, a commencer par la foi des apôtres. Par ailleurs, je te rappelle que ces miracles nous sont rapportes par des témoins directs qui, c'est visible,
y croient (ils meurent pour en attester la véracité).
On ne peut avoir absolument aucune raison de les mettre en doute, sinon précisément le refus de croire.
Mais en ce cas, combien d'absurdités on doit admettre pour justifier ce refus !
- Tu as déjà fait cette réflexion l'autre jour à propos du paganisme...
- Oui, revenons à Mahomet. Les sources musulmanes elles-mêmes nous le présentent comme un pillard organisant des razzias contre les caravanes dans le désert, s'emparant sans vergogne du bien d'autrui, tuant ses ennemis ou les faisant tuer jusque dans leur lit, incapable de surmonter ses désirs sexuels (allant même jusqu'à s'emparer de l'épouse de son fils adoptif et faisant, pour cela, descendre du ciel une autorisation spéciale). Vraiment, comment un tel personnage peut-il être envoyé de Dieu?
- Mais tu disais tout a l'heure que ces récits ne sont pas fiables ?
- Et effectivement, ils ne le sont pas ! Mais même s'ils sont faux, les musulmans, eux, y croient. Ce sont les fondements de leur religion, et elle en reçoit toutes les caractéristiques. Religion sensuelle, brutale, injuste. Le contraste avec le christianisme, centré sur la charité, n'est-il pas frappant ?
- Et pourtant, la religion musulmane s'est très largement répandue, souvent même aux dépens du christianisme. Une fois installée en un lieu, elle est très dure à déloger. Ce qui semble prouver qu'elle n'est pas si mauvaise ou, en tout cas, qu'elle convient bien a l'être humain.
- L'unique question valable est de savoir si cette religion est vraie ou fausse. Et nous avons déjà vu qu'elle ne fournit pas la moindre garantie de vérité : elle ne peut présenter aucun miracle, n'accomplit aucune prophétie, ne peut fournir aucun document fiable sur son fondateur. Elle s'est répandue par la force des armes. Elle contredit la raison et la loi naturelle sur de nombreux points...
- Peux-tu préciser tes accusations ?
- Très facilement. D'abord quel est le but d'une religion ?
- Aider l'homme à exprimer son sentiment religieux, l’encourager à la vie morale, le réconforter dans ses épreuves...
- Mais non ! La religion est d’abord faite pour unir à Dieu ! Que, secondairement, elle fasse tout ce que tu viens de dire, c'est très bien. Mais si elle ne permet pas d’atteindre Dieu, elle manque à son but principal et elle n’a plus de raison d’être. C’est une des grandes erreurs de l’humanisme contemporain de considérer la religion avant tout quant à ses bienfaits sociaux, en oubliant le principal. On en arrive a dire que toute religion est bonne pourvu qu’elle aide l’homme a s’épanouir, sans meme se soucier de savoir si elle dit la vérité sur Dieu et si elle aide l’homme a l’atteindre.
- Mais on ne peut reprocher cela à l'islam. N'est-ce pas, de toutes les religions existantes, la plus théocentrique ?
- Apparemment oui, car, ne distinguant pas le temporel du spirituel, elle prétend établir une sorte de théocratie. Mais en réalité, c'est l'inverse : la preuve que l'islam n'oriente pas l'homme vers Dieu, c’est que Dieu est le grand absent du paradis musulman. Le paradis selon Mahomet, c'est un lieu de débauche. Averroès, qui était pourtant musulman, était obligé d'avouer que le philosophe païen Aristote avait mieux parlé que Mahomet du bonheur suprême de l'homme, parce qu'il avait enseigne que ce bonheur consiste dans la plus excellente des opérations humaines : la contemplation de Dieu. Tandis que Mahomet transforme le paradis en lupanar.
- Peut-on prouver que la contemplation de Dieu est réellement le plus grand bonheur possible pour un être humain ?
- Beaucoup d’hommes ont du mal à le comprendre parce que Dieu est pur esprit et que nous ne pouvons pas, ici-bas, le connaître tel qu'il est. "On ne peut voir Dieu sans mourir", dit la Bible. Mais pour peu qu’on réfléchisse un instant, c’est évident. Nous pouvons déjà expérimenter que les biens d'ordre spirituel, même s'ils sont plus difficiles à obtenir, sont en définitive beaucoup plus réels et beaucoup plus durables que les jouissances sensibles. Par ailleurs Dieu est, par définition, l’auteur et la cause première de tous les biens. Il y a donc nécessairement en Lui plus de bien que dans tout ce qu’il a créé.
Donc la possession de Dieu, si nous pouvons y attendre, ne peut être que le bonheur parfait. En le méconnaissant, Mahomet se montre inférieur aux philosophes païens. Et cette erreur sur le but ultime de l’homme fausse toute sa religion.
- Comment cela ?
- C'est très simple ! En orientant entièrement l'homme vers la jouissance sensible (qui est quelque chose d'inférieur à l'homme), l’Islam le ravale au niveau des animaux sans raison. L'islam bestialise l’homme.
- Tu y vas fort !
- Tu n'as qu'a regarder la morale de l’islam : c’est une morale de code pénal. Aucun précepte ne régit l’intérieur de l’âme, rien n’encourage à la perfection. L’islam n’atteint pas la conscience. Il ne s’agit pas, pour le musulman, de pratiquer des vertus et de s’élever vers Dieu en se perfectionnant moralement, mais seulement de respecter un ordre extérieur nécessaire a la cohésion musulmane. D’où l'insistance sur les interdits extérieurs : voile islamique, prohibitions, etc. Là encore, l’islam est inférieur même aux philosophes païens, qui ont su, eux, au moins, développer la théorie de la vertu (à défaut de toujours savoir l’appliquer en pratique !).
Et je ne parle pas de la condition de la femme !
- Sur ce terrain, je t’attendais : c’est un des poncifs anti-musulmans ! Mais es-tu certain que le christianisme ait fait tellement mieux ?
- Bien sûr ! Il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que c’est le christianisme qui a donne à la femme sa vraie dignité - et que le monde moderne est en train de la lui ôter. Tiens, sur ce sujet, une citation de Bourgade sur la femme musulmane au XIXe siècle : “Pour le musulman, le plus bel idéal de la femme, ce sont les houris du paradis. Or, d’après le Coran, toutes les amabilités de la femme consistent dans le physique, il n’est pas dit un mot des qualités morales. De là, développer le physique, sans tenir nul compte du moral, voila chez eux toute l’éducation de la femme. Aussi, la femme qui, par ses qualités morales, fait l’ornement et le bonheur des familles chez d’autres peuples, reste nulle chez les musulmans.
Dans le mariage, vous trouverez agrégation de personnes, jamais union des coeurs. Le coeur, par défaut d’éducation qui le cultive, par l’absence d’un objet moral qui le captive, chez l’homme comme chez la femme, reste a l’état rudimentaire. Les qualités physiques une fois passées (et elles passent vite) la femme n’attire pas plus l’attention qu’une plante desséchée. L’homme inconstant, semblable au papillon qui voltige de fleur en fleur, passe successivement les personnes de son harem en revue, sans réellement se donner a aucune”. Et cette situation est d’ailleurs inévitable dès qu’on admet la polygamie. Saint Thomas d’Aquin l’avait déjà note dans sa “Somme contre les gentils” (ou il réfute beaucoup d’erreurs musulmanes): “l’expérience le prouve : quand les hommes possèdent plusieurs femmes, celles-ci sont quasi des servantes”.
- Mais l'islam a limité la polygamie à quatre femmes ; il a donc, en beaucoup d'endroits, apporté un réel progrès de la condition féminine.
- On peut toujours trouver pire que soi ! L'islam a pu, par accident, améliorer certaines populations. Il en a corrompu beaucoup d'autres. C'est, je le répète, une religion sensuelle, brutale et injuste. On peut même dire: une religion infra-humaine, en ce sens qu'elle oriente l'homme vers un but inférieur à sa nature. La nature de l'homme est essentiellement raisonnable. C'est ce qui distingue l'homme des animaux. Or la religion musulmane méprise la raison.
- On retrouve mon objection de tout a l'heure, à laquelle tu n'as d'ailleurs pas répondu : si l'islam est vraiment contraire à la nature humaine, comment expliquer son succès ?
- Je ne nie pas que l'islam soit adapté à la nature humaine. En un sens, il y est meme très adapte. Mais à la partie INFERIEURE de cette nature : la partie sensible. C’est de là qu'il tire sa force : la force des différentes passions humaines qu'il sait se concilier et utiliser à son profit. Mais encore une fois, le propre de l'homme c'est d'avoir une intelligence et une liberté. La grandeur de l'homme, c'est de ne pas se laisser mener par ses passions, mais de les dominer grâce à son intelligence, qui peut découvrir où se trouve le vrai bien, le bien a long terme, et grâce à sa volonté libre. L'islam est incapable de s'élever jusque là : il es reste au niveau des passions, au niveau animal.
- Pourtant l'islam développe chez ses adeptes un fort sentiment religieux. Or la religion n'est pas d'ordre animal ! C'est meme une des caractéristiques de l'homme !
- Il faut distinguer religion et sentiment religieux. La religion, en soi, n'est pas d'ordre sensible mais d'ordre spirituel : c'est parce que l'homme a une intelligence et une volonté qu'il peut avoir des rapports avec Dieu. Rapports qui, en soi (et contrairement à ce que beaucoup de gens s'imaginent)ne sont pas d'ordre sensible ou sentimental.
- Je ne te suis pas. La religion, c'est aimer Dieu. Or l'amour est un sentiment...
- Erreur ! Le vrai amour est d'abord acte de la volonté qui peut, justement, aller contre les sentiments. Sainte Thérèse d'Avila, par exemple, se sentait envahie de dégoût des qu'elle commençait à prier. Mais elle essayait de résister à ce dégoût.
Elle voyait clairement, par son intelligence, qu'elle devait prier. Et elle voulait fermement, de par sa volonté, prier Dieu. Aussi elle priait, malgré ses sentiments de dégoût.
- Tu nies donc l'existence du sentiment religieux ?
- Pas du tout. L'homme n'est pas un pur esprit. Il est donc normal que la religion se manifeste en lui de façon sensible. Tous les hommes ont d'ailleurs naturellement un certain sentiment religieux (du moins tant qu'ils ne l'ont pas étouffé). Mais ce n'est qu'une manifestation inférieure, et presque animale, de la religion. L'essentiel, c'est "le culte en esprit et en vérité" comme disait le Christ. Et cela, on ne le trouve pas dans l'islam.
- Il y a tout de même des mystiques musulmans ?
- Oui, tout le courant du soufisme. Mais tu remarqueras qu'il a toujours été tenu à l'écart de l'islam officiel et considéré comme une déviation. De même d'ailleurs que la philosophie n'a jamais pu se développer à l'intérieur même de l'orthodoxie musulmane. Il n' y a pas, dans l'islam, d'équivalent à ce qu'est saint Thomas d'Aquin dans l'Eglise, réalisant une parfaite synthèse entre la philosophie rationnelle et la religion. Les théologiens musulmans se sont toujours méfiés de la raison humaine et les philosophes ont toujours du, d'une façon ou d'une autre, s'écarter de l'orthodoxie musulmane. L'islam est ennemi de la raison. Tu connais l'histoire de l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie par Umar?
- Oui ! Celui-ci aurait déclaré : "Si tous ces livres sont conformes au Coran, ils sont inutiles. Et s'ils lui sont contraires, ils doivent être détruits. Donc, brûlons". Mais n'est-ce pas une légende?
- Ce sont les savants occidentaux qui y voient aujourd'hui une légende ! Les auteurs musulmans qui nous ont transmis la chose ne la mettaient, eux, aucunement en doute, tellement elle correspondait bien à leur mentalité. Si c'est une légende, elle demeure donc très significative. De par ses fondements même et son mépris de la raison, l'islam entraîne chez ses adeptes une mentalité anti-scientifique.
- Là, tu exagères! L'islam est à l'origine de nombreux progrès des sciences. Les chiffres arabes, notamment, et...
- Je t'arrête tout de suite : les chiffres dits "arabes" (y compris le fameux zéro) sont en réalité d'origine hindoue. L'islam a TRANSMIS des connaissances scientifiques, c'est vrai (la langue arabe, utilisée depuis l'Indus jusqu'à Tolède a été, au Moyen Age, le vecteur de nombreuses connaissances.
Et l'arabe, nomade et caravanier par nature est un excellent transmetteur : voir le fameux "téléphone arabe"), mais il n'en a (presque) pas PRODUIT. Ce sont les chrétiens soumis de force à l'islam (et à qui la loi coranique interdisait de mettre au service de l'évangélisation leurs talents et leur science) qui ont fait l'essentiel de la grandeur de la civilisation musulmane. L'islam, venu du désert, s'est contenté d'assimiler la civilisation qui existait avant lui ; il a rencontré la théologie chrétienne à Damas, la philosophie grecque à Bagdad, ancien village chrétien dont il a fait la capitale de l'empire musulman. Ce sont des savants chrétiens qui traduisent en arabe les ouvrages de l'Antiquité et qui initient les musulmans à la philosophie, aux mathématiques et à la médecine (les califes et les vizirs ont d'ailleurs, pendant des siècles, des médecins chrétiens). Les philosophes musulmans Al-Kindi et Al-Farabi sont formés par des maîtres chrétiens. De même pour les beaux arts : la ville d'Ispahan, en Iran, une des plus belles cités de l'Islam, a été construite grâce à la déportation forcée de communautés arméniennes entières, employées pour les travaux. La grande mosquée de Kairouan a été construite par des esclaves et ses magnifiques colonnes viennent des basiliques et monuments romains détruits par les envahisseurs arabes. De même les 850 colonnes de la splendide mosquée de Cordoue ont été pillées sur le site de Carthage. On est loin de la technique originale, de la créativité et de l'esprit de foi du peuple chrétien libre bâtissant ses cathédrales ! Et aujourd'hui encore, il est frappant de constater combien les peuples musulmans, malgré leur richesses naturelles (pétrole!) dépendent de l'Occident dans les domaines scientifique et technologique.
- Très bien, j'admets que la religion musulmane est nettement inférieure à la religion chrétienne. Mais cela ne prouve pas pour autant que la religion chrétienne est vraie !
- Je pense que si, mais indirectement.
- C'est-à-dire ?
- Nous avons dans l'islam un des meilleurs exemples de ce que les hommes (ou les démons) peuvent construire en matière de religion. C'est une religion, tu l'as dit toi-même, qui tient la route : elle a réussi à se soumettre de nombreux peuples et à les maintenir sous son joug pendant des siècles. Elle fournit à l'homme un certain équilibre. Mais c'est un équilibre infra-rationnel. L'islam ne satisfait pas la raison, mais il satisfait les passions de l'homme - c'est-à-dire ce que l'homme a en commun avec les animaux.
L'islam réussit à la fois à satisfaire les passions de l'homme (les passions masculines, surtout, à vrai dire) et, en même temps, à leur imposer des limites extérieures les empêchant de nuire à la société.
Techniquement parlant, il faut reconnaître que c'est un équilibre assez bon, puisque la société ainsi bâtie est relativement stable. Le sentiment religieux lui-même est mis au service de cette construction (c'est a dire, en définitive, des passions humaines).
La religion musulmane est en définitive au service non de Dieu mais de la société temporelle. Comme l'a très bien dit le Père Calmel (O.P.) : "Une des raisons du succès de l'islam, c'est de répondre aux besoins religieux de l'homme, à sa tendance à adorer le Dieu unique et souverain, et cependant de ne point toucher aux passions désordonnées". Entre parenthèses: l'islam est, sur ce point, supérieur à notre laïcisme français et il ne faut pas s'étonner si, d'ici quelques années, il réussit à l'ébranler. Parce que le sentiment religieux est très fermement ancré au cœur des hommes. Le laïcisme ne pourra jamais vaincre l'islam. Seule la vraie religion pourra le faire.
- Je te signale que tu ne m'as toujours pas dit ce qui, là-dedans, prouve que le catholicisme est la vraie religion...
- J'y arrive. L'équilibre de l'islam, je le disais, est infra-rationnel. On peut meme dire : infra-humain. Il ne réussit même pas à atteindre ce que les philosophes païens Platon ou Aristote ont découvert sur la nature humaine.
- Tandis que l'équilibre catholique, lui, serait parfaitement concordant avec la nature rationnelle de l'homme ?
- Ce serait déjà une merveille car, de fait, il est très difficile de faire vivre les hommes raisonnablement. Même les plus grands philosophes, qui ont écrit de merveilleux traités sur ces questions, n'ont jamais été suivis par les foules. Et le plus souvent, eux-mêmes restaient soumis à de terribles faiblesses. Oui, si le catholicisme se contentait seulement de faire vraiment vivre les hommes selon la raison, ce serait déjà merveilleux, car aucune autre religion n'y parvient. Et cependant, le catholicisme fait bien plus : son point d'équilibre n'est pas seulement humain, il est surhumain. Il n'est pas seulement naturel, il est surnaturel. Il s'efforce, et, véritablement il réussit, à élever l'homme jusqu'à Dieu. Et cela, c'est évident, prouve qu'il vient réellement de Dieu.
- Encore faudrait-il le prouver. Je suis certain qu'on peut trouver beaucoup de musulmans qui vivent mieux que beaucoup de chrétiens.
- Evidemment! Car un musulman peut être supérieur à sa religion, tandis qu'un chrétien peut, plus facilement encore, être inférieur a la sienne. Mais si l'on prend comme type du musulman le fondateur même de cette religion, Mahomet, on est bien obligé d'admettre que ce n'est pas un modèle de vie vertueuse. En face, on trouve dans l'Eglise catholique, depuis 2000 ans, des milliers de saints qui, de siècle en siècle, reproduisent le visage du Christ et joignent dans leur vie les vertus apparemment les plus opposées et poussées à un degré héroïque. Lis par exemple la vie d'un saint Maximilien Kolbe, au XXe siècle, et interroge-toi honnêtement : une telle perfection, un tel équilibre entre des vertus si opposées peut-il n'être que naturel? Et cette question se pose de la même manière pour des milliers et des milliers de saints, et cela sans interruption depuis le début de l'Eglise. Cet équilibre surnaturel suppose nécessairement une aide divine. Donc une religion qui est vraiment divine. Qu'en penses-tu ?
- Je ne connais pas bien la vie de saint Maximilien, sinon ce que tout le monde sait : qu'il a fondé de grands journaux en Pologne et au Japon, et qu'il est mort à Auschwitz.
- Eh bien lis sa vie en réfléchissant à ses vertus, et tu verras. Mais à vrai dire, tu pourrais faire la même expérience avec n'importe quel autre saint – pourvu seulement que tu trouves un récit de sa vie assez complet (ce qui, malheureusement n'est pas si fréquent). Par ailleurs rappelle-toi que si l'islam est une religion sans aucune preuve positive, et même sans aucun élément certain sur son fondateur, il n'en est pas du tout de même du christianisme : nous avons plusieurs témoignages concordants sur la vie du Christ. Il a fait des miracles pour prouver sa mission. Les témoins de ses miracles sont morts pour attester la vérité de leur témoignage. Alors que l'islam s'est imposé par la force des armes, et en prêchant une morale qui satisfait les passions humaines, le christianisme, lui, s'est répandu malgré la persécution, en prêchant une foi surnaturelle et morale exigeante. S'il n'avait pas fourni des preuves manifestes de sa vérité, comment aurait-il pu s'imposer ainsi ?
- Tu me laisses le temps de réfléchir à tout ce que tu m'as dit ?
- D'accord. Mais nourris tes réflexions de la lecture de quelques vies de saints. Et à l'occasion, nous parlerons du judaïsme.
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